sommaire Phototextes
écrire
éditions maison autres phototextes

 

Attentes

 
la bibliothèque portable couverture la bibliothèque portable

Illustrations: feutre, fusain, mine de plomb - photographies
56p. - 12×12 - monochrome - couverture verte 120g - intérieur crème 80g. - reliure macramée croisée


Sommaire
Textes: Panne de réveil - Station lozère - Lundi matin - Tout compte rendu - Détresse marseilleise - Adolescence - Sympathies - Brèves - L'impatience en phase terminale
Illustrations: Interrogation - Départ - Aïe! - Implosion - Le Manque - Le Siège - Contrainte - Sortir! - Faire l'Oeuf - D'accord - Avortement - Les trois Anonymes - Marseilleveyre - Le Sale Type - L'ange Gardien s'inquiète - La Fin





Extrait


"Tu as une bonne place, une de celles qui sont dans le sens de la marche et à la fenêtre. Va savoir pourquoi, tu préfères le paysage de droite quand tu rentres chez toi. Tu le connais bien, tu le regardes chaque jour, pourtant tu as la manie de l'observer passionnément et de trouver qu'il change beaucoup. Les lumières, surtout.
Quinze heures dix-huit au Guichet, tu calcules : à quatre heures tu es chez toi. Et quart au plus tard.
Tu te détends.
Tu as une bonne place et il y a un rayon de soleil entre les plafonds gris de la banlieue sud. Une veine.

Non !
C'est un jeune homme qui a crié pour les autres, et tu as tourné la tête.
Il y a eu d'autres cris et tu n'as vu que trois images, ensuite tout s'est passé très réellement.

Tu ne te rappelles plus comment.
Il y a ces trois fenêtres qui tournent dans ta tête et diluent le monde.

A la première, une petite dame perd l'équilibre dans sa course sur le quai et vient buter contre la paroi de ton train qui va déjà vite. Cela fait un gros bruit sourd.
A la deuxième tu la vois lâcher son sac et rouler le long du RER, entraînée dans une brusque valse.
La troisième fenêtre n'est qu'un cadre vide.

Le grincement interminable a durci tes muscles. Vous voilà immobilisés, mais les moteurs grondent encore. Tu regardes les autres, tu cherches, une explication, ton souffle. Les voyageurs qui préféraient le paysage de gauche ou s'en fichaient ont des visages terribles. Les mains sur les yeux, des rictus de nausée, des expressions vides.
Une voix vous réveille, qui vient de partout à la fois.
Q'est-ce qui se passe ?
Ce sont les hauts parleurs qui s'informent. Ils semblent inquiets. Un instant, personne n'a de mots, puis un homme se lance, fort, comme pour répondre à toutes les voix en même temps. C'est une dame ! une dame ! Il y a une dame qui est tombée...Vite !...Elle...Entre le quai et le RER !... Ouvrez les portes !

Le héros a sauté sous le train.


Longtemps tu es resté paralysé, étranger à ta situation. Même ta vue refusait toute mise au point. Un peu plus tard, tu as compris qu'il valait mieux sortir, rejoindre les badauds. Besoin de savoir, besoin de voir encore pour attraper la quatrième image, la suite possible.[...]"


 


D'accord









Contrainte









Faire l'oeuf






Station Lozère    


retourner à l'accueil